Insigne du 8° Régiment de Hussards
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Mise à jour du : 03.02.2008
TEXEL

 

Le TEXEL, 23 janvier 1795

Sous les ordres du général Delmas, la division du centre occupe le Nord de la Hollande. Pichegru profite du froid intensif de l'hiver précoce pour pousser activement son offensive. Impraticable en été, la Hollande couverte d'eau n'était plus qu'une vaste plaine solide. Les cours d'eau, lacs, marais et bras de mer sont gelés. Les chariots et l'artillerie peuvent progresser sans danger. Une partie de la division sous les ordres du général Salme progresse sur Amsterdam et les villes du Nord. Le 20 janvier, le général Pichegru apprend que la flotte hollandaise est prise dans les glaces entre le Helder et les côtes de l'île du Texel. Il ordonne au général Winter à la tête de avant-garde, comprenant le 1° escadron du 8°, du 3° bataillon de tirailleurs, des 3° et 5° chasseurs à pied et d'une fraction du 8° bataillon d'artillerie, de se diriger rapidement sur Haarlem. La ville est prise après une courte résistance. Alkemer est atteint. Un détachement est de suite envoyé sur le Texel, à dix lieues, sous les ordres du commandant Lahure, composé du 3° bataillon de tirailleurs transporté en voitures requises, du 1° escadron du 8° hussards (capitaine François Christophe) et de la 4° compagnie du 8° régiment d'artillerie légère. Par une nuit obscure et dans une neige épaisse, la troupe se dissimule derrière les dunes du canal de Madsdiep.

" Le spectacle était surprenant de voir ces chevaux efflanqués, au poil bourru, montés par des hussards, aux pelisses vertes à tresses blanches, chaussées et rapiécées ou en manteau pour ceux qui avaient la chance d'en posséder, pantalons de cheval de toutes teintes, ayant en croupe ces fantassins en habit court, trottinant prudemment sur cette mer solide, autour des murailles de bois garnies de canons muets ". Souvenirs du lieutenant général Baron L. J. Lahure.

Au point du jour, les hussards, dont les sabots des chevaux sont enveloppés de linge afin d'éviter les glissades, prennent les tirailleurs en croupe, investissent les dunes glacées bordant le bras de mer entre l'île du Texel et le port de Helder. Ils sommèrent les marins, surpris par tant d'audace, de se rendre. Après des pourparlers, la flotte se rend sans conditions, le 23 janvier 1795. Quatorze vaisseaux de ligne, quelques navires marchands et huit cent cinquante canons sont capturés, ainsi qu'un bâtiment anglais qui faillit s'échapper ayant creusé un chenal dans la glace. Un détachement de hussards lui coupa la retraite.
Une cantinière, la mère Catherine, qui prit part aux guerres de 1792 à 1803, témoigne de ce fait d'armes :
" Il faut dire, petit, qu'il faisait un froid noir. C'était de la glace à perte de vue et à une demi lieue de nous bien immobiles, empêtrés dans les glaçons, il y avait quatorze vaisseaux de guerre hollandais et un tas de bateaux marchands. ... Je venais d'allumer mon feu pour préparer le café de la compagnie quand j'entendis un remue ménage. C'était  le commandant Lahure avec une centaine de hussards qui venaient demander à notre capitaine un nombre de tirailleurs égal à ses cavaliers pour les faire monter en croupe derrière eux... Le froid était tel que deux des hussards tombèrent de cheval. Et Lahure, à mi- voix : Jamais ils n'iront jusqu'au bout. Mon commandant, lui dis-je, j'ai un petit tonneau d'eau de vie, du shiedam comme ils l'appellent dans leur patois de Hollande. C'est chaud, ça gàtte le gosier. En voulez-vous pour votre escadron et pour vos hommes. Vous me paierez lorsque vous reviendrez de là-bas. Et mon petit tonneau n'a pas fait long feu, hussards et fantassins n'ont pas mis un quart d'heure pour le vider, et à ma santé encore. Vingt minutes après, l'escadron était en face des bateaux et les tirailleurs grimpaient à bord, comme des chats, le sabre aux dents. La flotte se rendait aux Français, tout cela à cause de mon tonneau de genièvre".

LE TEXEL

Un escadron du 8° Hussards
s'empare de la flotte hollandaise
le 23 janvier 1795.

Tableau de R. Desvarreux
Musée de l'Empéri (Salon de provence)

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Cet épisode, dont l'importance a été amplifiée à l'époque, a été très controversé. Plusieurs régiments de hussards l'ont pris à leur compte dans leurs historiques. Seul l'escadron du 8° était présent.

 

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